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IV &endash; Justice et bien social de la famille 

La famille, un bien social à défendre en justice

(24) Le mariage et la famille représentent un bien social de premier ordre: «La famille exprime toujours une nouvelle dimension du bien pour les hommes, et c'est pourquoi elle crée une nouvelle responsabilité. Il s'agit de la responsabilité pour le bien commun particulier où réside le bien de l'homme, le bien de tout membre de la communauté familiale. Certes, c'est un bien 'difficile' ('bonum arduum'), mais c'est aussi un bien merveilleux[47]». Il est vrai que, dans les faits, tous les époux et toutes les familles ne développement pas tout le bien personnel et social possible[48]. Mais c'est alors à la société d'intervenir, en mettant à leur disposition les moyens nécessaires pour contribuer au développement des valeurs qui leur sont propres. En effet, «il convient réellement de n'épargner aucun effort pour que la famille soit reconnue comme société primordiale et, en un certain sens, 'souveraine'. Sa 'souveraineté' est indispensable pour le bien de la société»[49]. 

Valeurs sociales objectives à promouvoir 

(25) Ainsi compris, le mariage et la famille constituent un bien pour la société parce qu'ils protègent un bien précieux pour les époux eux-mêmes. En effet, «la famille, société naturelle, existe antérieurement à l'État ou à toute autre collectivité et possède des droits propres qui sont inaliénables[50]». D'une part, la dimension sociale de la condition de conjoint implique un principe de sécurité juridique: le fait de devenir conjointe ou conjoint ressortant de l'être &endash; et pas seulement de l'agir &endash;, la dignité de ce nouveau signe d'identité personnelle doit faire l'objet d'une reconnaissance publique, et le bien qu'il constitue pour la société doit être estimé à sa juste valeur[51]. Il est évident que le bon ordre de la société est favorisé quand le mariage et la famille se présentent comme ce qu'ils sont effectivement, à savoir une réalité stable[52]. En outre, l'intégralité du don mutuel de l'époux et de l'épouse, qui comprend potentiellement la paternité et la maternité, et l'union qui en découle &endash; exclusive et durable elle-aussi &endash; entre parents et enfants, expriment une confiance inconditionnelle qui représente une force et un enrichissement pour tous[53].

(26) La dignité de la personne humaine exige qu'elle naisse de parents unis par le mariage; de l'union intime, totale, mutuelle et permanente &endash; exigible devant les tribunaux &endash; dérivant de la condition d'époux. C'est, par conséquent, un bien pour les enfants. Cette origine est la seule capable de sauvegarder réellement l'identité des enfants, non seulement du point de vue génétique et biologique, mais aussi du point de vue biographique et historique[54]. En outre, le mariage constitue le milieu humain et humanisant le plus propice à l'accueil des enfants: celui qui se prête le mieux à la sécurité affective, celui qui garantit le mieux l'unité et la continuité du processus d'intégration sociale et d'éducation. «L'union entre la mère et celui qui est conçu et l'irremplaçable fonction du père demandent que l'enfant soit accueilli dans une famille qui lui garantisse, autant que possible, la présence des deux parents. La contribution spécifique qu'ils offrent à la famille, et à travers elle à la société, est digne de la plus grande considération»[55]. Enfin, la continuité ininterrompue entre conjugalité, maternité/paternité, et parenté (filiation, fratrie, etc.) évite à la société les problèmes nombreux et graves qui surgissent lorsque l'enchaînement de ces divers éléments se rompt, et que chacun agit indépendamment des autres[56].

(27) Pour les autres membres de la famille aussi, l'union conjugale comme réalité sociale est un bien. Car dans les familles fondées sur un lien matrimonial, non seulement les nouvelles générations sont accueillies et apprennent à participer aux tâches communes, mais les générations précédentes (grands-parents) ont l'occasion de contribuer à l'enrichissement commun: transmettre leurs expériences, sentir une fois encore la validité de leur service, confirmer leur pleine dignité de personnes par le fait qu'elles sont valorisées et aimées pour elles-mêmes, en participant au dialogue intergénérationnel, souvent si fécond. En effet, «la famille est le lieu où plusieurs générations sont réunies et s'aident mutuellement à croître en sagesse humaine et à harmoniser les droits des individus avec les autres exigences de la vie sociale[57]». En même temps, les personnes du troisième âge peuvent envisager l'avenir avec confiance et sécurité, sachant qu'elles seront entourées et soignées par ceux qu'elles ont soignés pendant de longues années. À ce propos, on sait que, lorsqu'une famille remplit vraiment son rôle, les personnes âgées y reçoivent une qualité d'attention qui ne peut être remplacée &endash; sous certains aspects du moins &endash; par celle des institutions étrangères à leur milieu, même excellentes et dotées des équipements techniques les plus avancés[58].

(28) On peut considérer aussi les biens pour l'ensemble de la société dérivant de la communion conjugale, fondement du mariage et origine de la famille. Par exemple, le principe d'identification du citoyen; le principe du caractère unitaire de la parenté &endash; fondement des relations originaires de la vie en société &endash; et de sa stabilité; le principe de transmission des biens et des valeurs culturelles; le principe de subsidiarité: la disparition de la famille contraindrait en effet l'État à se substituer à elle dans les fonctions qui lui sont propres par nature; le principe d'économie, y compris en matière procédurale: car lorsque la famille se brise, l'État doit multiplier ses interventions pour résoudre directement des problèmes qui devraient rester dans la sphère privée et y trouver une solution, avec les coûts élevés qui en résultent tant sur le plan psychologique qu'économique. Il convient de rappeler en outre que «la famille, bien plus qu'une simple entité juridique, sociologique ou économique, constitue une communauté d'amour et de solidarité, apte de façon unique à enseigner et à transmettre les valeurs culturelles, éthiques, sociales, spirituelles et religieuses essentielles au développement et au bien-être de ses propres membres et de la société[59]». Enfin, loin de contribuer à accroître la liberté individuelle, le démembrement de la famille rend les individus plus vulnérables et inermes face au pouvoir de l'État, qui de son côté a besoin d'une juridiction de plus en plus complexe qui l'appauvrit. 

La société et l'État doivent défendre et promouvoir la famille fondée sur le mariage

(29) Bref, la promotion humaine, sociale et matérielle de la famille fondée sur le mariage, et la protection juridique des éléments qui la composent dans son caractère unitaire, est un bien non seulement pour chacun des membres de la famille pris individuellement, mais aussi pour la structure et le bon fonctionnement général des relations interpersonnelles, l'équilibre des pouvoirs, la garantie des libertés, les intérêts éducatifs, l'identité des citoyens et la répartition des fonctions entre les diverses institutions sociales: «Le rôle de la famille est déterminant et irremplaçable pour bâtir la culture de la vie[60]». Il ne faut pas oublier que si la crise de la famille a été, dans certaines circonstances et sous certains aspects, l'une des causes d'un interventionnisme accru de l'État dans les domaines qui lui sont propres, il n'en est pas moins vrai qu'en maintes autres occasions et sous d'autres aspects, les initiatives des législateurs ont favorisé ou provoqué des difficultés et parfois même la rupture d'un grand nombre de mariages et de familles. «L'expérience de différentes cultures au long de l'histoire a montré, pour la société, la nécessité de reconnaître et de défendre l'institution de la famille (É) La société et, de façon particulière, l'État et les Organisations internationales, doivent protéger la famille par des mesures politiques, économiques, sociales et juridiques, qui ont pour but de renforcer l'unité et la stabilité de la famille, afin qu'elle puisse exercer sa fonction spécifique[61]».

Il est aujourd'hui plus que jamais nécessaire &endash; pour la famille et pour la société tout entière &endash; d'accorder la plus grande attention aux problèmes auxquels le mariage et la famille doivent faire face actuellement, dans le respect absolu de sa liberté. À cet effet, il faut une législation qui protège ses éléments essentiels, sans limiter sa liberté de décision, notamment en ce qui concerne le travail féminin, lorsqu'il est incompatible avec le statut d'épouse et de mère[62], la "culture du succès" qui empêche ceux qui sont dans la vie active de rendre leurs obligations professionnelles compatibles avec leur vie de famille[63], la décision de d'accueillir les enfants, que les conjoints doivent prendre selon leur conscience[64], la défense du caractère permanent auquel les couples mariés aspirent légitimement[65], la liberté religieuse et la dignité et égalité de droits[66], les principes et les choix relatifs à l'éducation souhaitée pour les enfants[67], le traitement fiscal et les autres dispositions de nature patrimoniale (successions, logement, etc.), le traitement de l'autonomie légitime de la famille, et enfin le respect et le soutien de ses initiatives dans le domaine politique, spécialement celles qui ont trait au milieu familial[68]. D'où la nécessité d'établir une claire distinction, sur le plan social, entre des phénomènes de nature différente dans leurs aspects juridiques et dans leur contribution au bien commun, et de les traiter comme tels. «La valeur institutionnelle du mariage doit être soutenue par les pouvoirs publics; la situation des couples non mariés ne doit pas être placée sur le même plan que le mariage dûment contracté[69]».

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V &endash; Mariage chrétien et union de fait 

Mariage chrétien et pluralisme social 

(30) L'Église insiste avec une vigueur renouvelée depuis quelques années sur la confiance due à la personne humaine, à sa liberté, sa dignité et ses valeurs, et sur l'espérance en l'action salvifique de Dieu dans le monde, qui aide à surmonter toute faiblesse. En même temps, elle exprime sa profonde préoccupation devant les nombreuses atteintes contre la personne humaine et sa dignité, en s'élevant contre certains présupposés idéologiques propres à la culture dite «postmoderne» qui obscurcissent les valeurs découlant des exigences intérieures de la vérité sur l'être humain, et qui les rendent difficile à vivre. «Il ne s'agit plus d'oppositions limitées et occasionnelles, mais d'une mise en discussion globale et systématique du patrimoine moral, fondée sur des conceptions anthropologiques et éthiques déterminées. Au point de départ de ces conceptions, on note l'influence plus ou moins masquée de courants de pensée qui en viennent à séparer la liberté humaine de sa relation nécessaire et constitutive à la vérité[70]».

Quand la liberté est coupée de la vérité, «toute référence à des valeurs communes et à une vérité absolue pour tous disparaît: la vie sociale s'aventure dans les sables mouvants d'un relativisme absolu. Alors, tout est matière à convention, tout est négociable, même le premier des droits fondamentaux, le droit à la vie[71]». Cette mise en garde peut certainement être appliquée à la réalité du mariage et de la famille, source unique et cause pleinement humaine de la réalisation de ce droit primordial. C'est le cas lorsqu'on tolère «la corruption du concept et de l'expérience de la liberté, celle-ci étant comprise non comme la capacité de réaliser la vérité du projet de Dieu sur le mariage et la famille, mais comme une force autonome d'affirmation de soi, assez souvent contre les autres, pour son bien-être égoïste[72]».

(31) C'est en partant de ce même principe que la communauté chrétienne a vécu l'institution du mariage chrétien comme signe efficace de l'union du Christ avec son Église. Jésus-Christ a élevé le mariage au rang d'évènement salvifique dans le nouvel ordre lié à l'économie de la Rédemption. Autrement dit, le mariage est un sacrement de la Nouvelle Alliance[73]. Il s'agit là d'un point essentiel pour comprendre le contenu et la portée de l'alliance matrimoniale entre deux baptisés. De son côté, le Magistère de l'Église a bien précisé que «parmi tous les sacrements, celui du mariage a ceci de spécifique d'être le sacrement d'une réalité qui existe déjà dans l'ordre de la création, d'être le pacte conjugal institué par le Créateur 'au commencement'[74]».

Au sein d'une société souvent déchristianisée, qui tend à s'éloigner des valeurs de la vérité sur la personne humaine, il est nécessaire d'insister aujourd'hui sur le contenu de cette «alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une communauté de toute une vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des conjoints et à l'éducation des enfants[75]», telle qu'elle fut instituée par Dieu «depuis le commencement»[76] dans l'ordre naturel de la Création. Cela demande une réflexion sereine, non seulement de la part des les fidèles pratiquants, mais aussi de ceux qui sont éloignés aujourd'hui de la pratique religieuse, de ceux qui n'ont pas la foi, ou qui adhèrent à d'autres croyances: bref, de la part de toute personne humaine, femme ou homme, membre d'une communauté civile et responsable du bien commun. Il faut rappeler la nature de la famille fondée sur le mariage, dont le caractère n'est pas seulement historique et conjoncturel, mais ontologique, au-delà des changements d'époques, de lieux et de cultures, ainsi que la dimension de justice qui en découle. 

Le processus de sécularisation de la famille en Occident 

(32) Au début, le processus de sécularisation de l'institution matrimoniale porta surtout, et presque exclusivement, sur les noces, c'est-à-dire sur les modalités de célébration du mariage, du moins dans les pays occidentaux de tradition catholique. Malgré tout, tant dans la conscience populaire que dans les systèmes juridiques séculiers, les principes fondamentaux du mariage perdurèrent pendant un certain temps, des principes tels que la valeur précieuse de l'indissolubilité du mariage, et en particulier l'indissolubilité absolue du mariage sacramentel entre deux baptisés, conclu et consommé[77]. L'introduction généralisée, dans les divers systèmes législatifs, de ce que le Concile Vatican II qualifie d'«épidémie du divorce», se traduisit par un obscurcissement progressif, dans la conscience sociale, de la valeur de cette grande conquête de l'humanité au cours des siècles. L'Église primitive n'avait pas cherché à sacraliser ou à christianiser la conception romaine du mariage, se contentant de donner à cette institution la signification de ses origines créationnelles selon la volonté expresse de Jésus-Christ. Sans aucun doute, l'Église primitive percevait déjà clairement que le caractère naturel du mariage avait été conçu par le Créateur, dès l'origine, comme le signe de l'amour de Dieu pour son peuple, et après la venue de la plénitude des temps, comme le signe de l'amour du Christ pour son Église. En effet, la première chose qu'elle fit, guidée par l'Évangile et les enseignements explicites du Christ, son Seigneur, fut de ramener le mariage à ses principes, consciente que «Dieu lui-même est l'auteur du mariage qui possède en propre des valeurs et des fins diverses[78]». D'autre part, elle était consciente du fait que cette institution naturelle «est d'une extrême importance pour la continuité du genre humain, pour le progrès personnel et le sort éternel de chacun des membres de la famille, pour la dignité, la stabilité, la paix et la prospérité de la famille et de la société humaine tout entière[79]». Habituellement, ceux qui se marient suivant les modalités établies (par l'Église et l'État, selon les cas) peuvent et veulent contracter un mariage véritable. La tendance à l'union conjugale est connaturelle à la personne humaine, et de cette décision découlent l'aspect juridique du pacte conjugal et la naissance d'un lien conjugal véritable. 

Le mariage, institution de l'amour conjugal, et les autres types d'union 

(33) La réalité naturelle du mariage est prise en considération dans les lois canoniques de l'Église[80]. La loi canonique décrit en substance l'état du mariage des baptisés, tant in fieri &endash; au moment du pacte conjugal &endash; que comme état permanent dans lequel s'inscrivent les relations conjugales et familiales. À ce propos, la juridiction ecclésiastique sur le mariage est décisive, et représente une protection authentique des valeurs familiales. Mais les principes fondamentaux de l'état matrimonial relatifs à l'amour conjugal et à sa nature sacramentelle ne sont pas toujours pleinement compris et respectés.

(34) En ce qui concerne le premier point, on dit souvent que l'amour est le fondement du mariage, et que celui-ci est une communauté de vie et d'amour, mais on n'insiste pas toujours suffisamment sur le fait qu'il constitue l'institution conjugale, en négligeant ainsi la dimension de justice propre au consentement. Le mariage est une institution. La méconnaissance de cette réalité est souvent à l'origine d'une grave confusion entre le mariage chrétien et les unions de fait: les personnes engagées dans une union de fait peuvent elles-aussi affirmer que leur relation est fondée sur l'«amour» (mais il s'agit d'un amour que le Concile Vatican II qualifie de sic dicto libero), et qu'elles forment une communauté de vie et d'amour (mais cette communauté se distingue substantiellement de la communitas vitae et amoris coniugalis qu'est le mariage[81]).

(35) En ce qui concerne les principes fondamentaux relatifs à la nature sacramentelle du mariage, la question est plus complexe. Les pasteurs de l'Église doivent en effet tenir compte de l'immense richesse de grâce qui émane de la nature sacramentelle du mariage chrétien, et de l'influence qu'elle exerce sur les rapports familiaux fondés sur le mariage. Dieu a voulu que le pacte conjugal originel, le mariage de la Création, soit un signe permanent de l'union du Christ avec l'Église, en devenant ainsi véritablement un sacrement de la Nouvelle Alliance. Il faut bien comprendre que ce caractère sacramentel n'est pas surajouté ou extrinsèque à la nature du mariage. Bien au contraire, le mariage lui-même, que le Créateur a voulu indissoluble, est élevé au rang de sacrement par l'action rédemptrice du Christ, sans que cela n'entraîne la moindre «dénaturation» de sa réalité. La méconnaissance de la particularité de ce sacrement par rapport aux autres donne souvent lieu à des malentendus qui obscurcissent la notion de mariage sacramentel. Cette notion prend une importance particulière dans la préparation au mariage: les efforts méritoires pour préparer les fiancés à la célébration de ce sacrement seraient inutiles s'ils ne comprenaient pas clairement la nature absolument indissoluble du mariage qu'ils s'apprêtent à contracter. Les baptisés ne se présentent pas seulement à l'Église pour célébrer une fête selon des rites spéciaux, mais pour contracter un mariage pour toute la vie, sacrement de la Nouvelle Alliance. Par ce sacrement, ils participent au mystère de l'union du Christ avec l'Église et expriment leur union intime et indissoluble[82].

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VI &endash; Lignes d'orientation chrétiennes 

Énoncé de base du problème: "au commencement il n'en fut pas ainsi" 

(36) La communauté chrétienne se sent interpellée par le phénomène des unions de fait. Ces unions dépourvues de tout lien institutionnel légal &endash; tant civil que religieux &endash; constituent un phénomène de plus en plus fréquent auquel l'Église doit accorder son attention pastorale[83]. En s'appuyant non seulement sur la raison, mais aussi et surtout sur la «splendeur de la vérité» qui lui vient de la foi, le croyant est en mesure d'appeler les choses par leur nom: le bien, bien, et le mal, mal. Dans le contexte actuel imprégné de relativisme et porté à émousser toute différence &endash; même essentielle &endash; entre le mariage et les unions de fait, il faut faire preuve d'une grande sagesse et d'une liberté courageuse pour éviter de se prêter aux équivoques ou aux compromis, sachant que «la crise la plus dangereuse qui puisse affecter l'homme» est «la confusion du bien et du mal qui rend impossible d'établir et de maintenir l'ordre moral des individus et des communautés[84]». En vue d'une réflexion proprement chrétienne sur les signes des temps, et face à l'obscurcissement apparent de la vérité profonde de l'amour humain dans le cÏur de beaucoup de nos contemporains, il convient de revenir aux eaux pures de l'Évangile.

(37) «Des Pharisiens s'approchèrent de lui et lui dirent, pour le mettre à l'épreuve: "Est-il permis de répudier sa femme pour n'importe quel motif?". Il répondit: "N'avez-vous pas lu que le Créateur, dès l'origine, les fit homme et femme, et qu'il a dit: 'Ainsi donc l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair? Ainsi ils ne seront plus deux, mais une seule chair'. Eh bien! Ce que Dieu a uni, l'homme ne doit point le séparer". "Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner un acte de divorce quand on répudie?" "C'est, leur dit-il, en raison de votre dureté de cÏur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; mais dès l'origine il n'en fut pas ainsi. Or je vous le dis: quiconque répudie sa femme &endash; pas pour 'prostitution' &endash; et en épouse une autre, commet un adultère"»(Mt 19, 3-8). Ces paroles du Seigneur sont bien connues, de même que la réaction des disciples: «Si telle est la condition de l'homme envers la femme, il n'est pas expédient de se marier» (Mt 19, 10). Cette réaction s'inscrit visiblement dans la mentalité dominante de l'époque, une mentalité qui avait tourné le dos au projet originel du Créateur[85]. La concession faite par Moïse traduit la présence du péché, qui revêt la forme de la duritia cordis. Aujourd'hui peut-être plus encore qu'en d'autres temps, il faut tenir compte de cet obstacle à l'intelligence, cette sclérose de la volonté, cette fixation des passions, racine cachée de la plupart des facteurs de fragilité qui contribuent à la diffusion actuelle des unions de fait. 

Unions de fait, facteurs de fragilité et grâce sacramentelle 

(38) La présence de l'Église et du mariage chrétien a comporté, dans la société civile, la reconnaissance au cours des siècles du mariage dans sa condition originaire, celle indiquée par le Christ dans sa réponse[86]. La condition originelle du mariage est toujours d'actualité, comme l'est aussi la difficulté de la reconnaître et de la vivre, propter duritiam cordis, en tant qu'intime vérité enfouie au plus profond de l'être. Le mariage est une institution naturelle dont les caractéristiques essentielles peuvent être reconnues par l'intelligence, par-delà les cultures[87]. Cette reconnaissance de la vérité sur le mariage est aussi d'ordre moral[88]. Mais il ne faut pas oublier que la nature humaine, affectée par le péché et rachetée par le Christ, ne parvient pas toujours à distinguer clairement les vérités que Dieu a inscrites dans son cÏur. Aussi le message chrétien de l'Église et de son Magistère constituent-ils un enseignement et un témoignage vivants dans le monde[89]. À ce propos, il convient de mettre l'accent le fait que la grâce est nécessaire pour que la vie matrimoniale acquière son authentique plénitude[90]. Dans le discernement pastoral de la problématique des unions de fait, il faut donc tenir compte également de la fragilité humaine et l'importance d'une expérience et d'une catéchèse vraiment ecclésiales, qui orientent vers une vie de grâce, vers la prière et les sacrements, notamment celui de la Réconciliation.

(39) Il faut distinguer entre divers éléments parmi les facteurs de fragilité qui sont à l'origine des unions de fait, caractérisées par un amour qui se dit «libre» et omet ou refuse le lien propre et caractéristique de l'amour conjugal. Il faut en outre distinguer, comme nous l'avons vu précédemment, entre les unions de fait auxquels certains se trouvent acculés en raison de situations difficiles, et celles qui sont voulues pour elles-mêmes, dans «une attitude de mépris, de contestation ou de rejet de la société, de l'institution familiale, de l'ordre socio-politique, ou encore la seule recherche du plaisir[91]». Il faut enfin considérer le cas de ceux qui sont poussés à une union de fait «par l'ignorance et la pauvreté extrêmes, parfois aussi par des conditions de vie dues à des situations de véritable injustice, ou encore par une certaine immaturité psychologique qui les rend hésitants et leur fait craindre de contracter un lien stable et définitif[92]».

En conséquence, le discernement éthique, l'action pastorale et l'engagement chrétien dans la vie politique doivent tenir compte de la multiplicité des situations que recouvre le terme général d'«unions de fait» décrites plus haut[93]. Quelles qu'en soient les causes, ces unions comportent «des problèmes pastoraux ardus, à cause des graves conséquences qui en découlent, soit au plan religieux et moral (perte du sens religieux du mariage, conçu à la lumière de l'Alliance de Dieu avec son peuple; privation de la grâce du sacrement; grave scandale), soit même au plan social (destruction du concept de la famille; affaiblissement du sens de la fidélité, même envers la société; traumatismes psychologiques possibles chez les enfants; affirmation de l'égoïsme)[94]». C'est pourquoi l'Église est très attentive à la prolifération du phénomène des unions non-matrimoniales, et notamment à la dimension morale et pastorale de ce phénomène. 

Témoignage du mariage chrétien 

(40) Les initiatives lancées dans divers pays de tradition chrétienne pour obtenir une législation favorable aux unions de fait font naître de graves inquiétudes chez les pasteurs et les fidèles. Il semblerait que, bien souvent, on ne sache pas quelle réponse donner à ce phénomène, et que la réaction soit purement défensive, risquant de donner l'impression que l'Église veut simplement maintenir le statu quo, comme si la famille fondée sur le mariage était le modèle culturel (un modèle «traditionnel») de l'Église, que l'on veut conserver en dépit des grandes mutations de notre époque.

Face à cette situation, il convient d'approfondir les aspects positifs de l'amour conjugal, pour pouvoir inculturer encore une fois la vérité de l'Évangile, à la manière des chrétiens des premiers siècles de notre ère. Cette nouvelle évangélisation de la famille s'adresse avant tout aux familles chrétiennes qui, tout en faisant l'objet de l'évangélisation, sont aussi les premières évangélisatrices, en apportant la «bonne nouvelle» de l'«amour fraternel»[95] non seulement en paroles, mais aussi et surtout par leur témoignage personnel. Il est urgent de faire redécouvrir la valeur sociale de cette merveille qu'est l'amour conjugal, car le phénomène des unions de fait n'est pas indépendant des facteurs idéologiques qui l'obscurcissent et qui naissent d'une conception erronée de la sexualité humaine et de la relation homme-femme. D'où l'importance primordiale de la vie de grâce dans le Christ des mariages chrétiens: «La famille chrétienne est, elle aussi, insérée dans l'Eglise, peuple sacerdotal. Par le sacrement de mariage, dans lequel elle est enracinée et d'où elle tire sa subsistance, elle est continuellement vivifiée par le Seigneur Jésus, appelée et engagée par Lui à dialoguer avec Dieu par les moyens de la vie sacramentelle, de l'offrande de son existence et de la prière. Tel est le rôle sacerdotal que la famille chrétienne peut et doit accomplir en union étroite avec toute l'Eglise, à travers les réalités quotidiennes de la vie conjugale et familiale; de cette manière la famille chrétienne est appelée à se sanctifier et à sanctifier la communauté ecclésiale et le monde[96]».

(41) Par leur présence dans les divers milieux de la société, les mariages chrétiens constituent un moyen privilégié pour montrer concrètement à l'homme contemporain (en partie détruit dans sa subjectivité, épuisé par la recherche vaine d'un amour «libre» opposé au véritable amour conjugal, après une série d'expériences fragmentées) qu'il existe une possibilité de retrouvailles de l'être humain avec lui-même, en l'aidant à comprendre la réalité d'une subjectivité pleinement réalisée dans le mariage en Jésus-Christ. Cette espèce de choc avec la réalité est la seule façon possible de faire émerger dans le cÏur la nostalgie d'une patrie dont toute la personne garde un souvenir ineffaçable. Aux hommes et aux femmes déçus, qui se demandent avec cynisme: «Est-ce que quelque chose de bon peut venir du cÏur humain?» il faut pouvoir répondre: «Venez voir notre mariage, notre famille». Le témoignage réel par lequel la communauté chrétienne, avec la grâce de Dieu, devient le signe de la miséricorde de Dieu envers les hommes, peut représenter un point de départ décisif. D'ailleurs, dans tous les milieux, on constate combien l'influence des fidèles chrétiens peut être efficace et positive. Par leur choix conscient de foi et de vie, ils sont, au milieu de leurs contemporains, comme le levain dans la pâte, comme la lumière qui brille dans les ténèbres. L'attention pastorale dans la préparation au mariage et à la famille, et dans l'accompagnement dans la vie conjugale et familiale, est donc essentielle à la vie de l'Église et du monde[97]. 

Une préparation adéquate au mariage 

(42) Le Magistère de l'Église a maintes fois insisté, surtout depuis le Concile Vatican II, sur l'importance et le caractère irremplaçable de la préparation au mariage dans la pastorale ordinaire. Cette préparation ne saurait se limiter à une simple information sur ce qu'est le mariage pour l'Église, mais doit être un véritable itinéraire de formation des personnes, au moyen d'une éducation à la foi et aux vertus. Le Conseil Pontifical pour la Famille a traité cet important aspect de la pastorale de l'Église dans les Documents Sexualité humaine: vérité et signification, du 8 décembre 1995, et Préparation au sacrement du mariage, du 13 mai 1996, en mettant l'accent sur le caractère fondamental de la préparation au mariage et sur le contenu de cette préparation.

(43) «La préparation au mariage, à la vie conjugale et familiale, est d'une grande importance pour le bien de l'Église. En effet, le sacrement du mariage a une forte valeur pour toute la communauté chrétienne et, en premier lieu, pour les époux, eux dont la décision revêt une importance telle qu'elle ne pourrait être sujette à l'improvisation ou à des choix hâtifs. À d'autres époques, cette préparation pouvait compter sur l'appui de la société qui reconnaissait les valeurs et les biens du mariage. Sans heurts ni doutes, l'Église en protégeait la sainteté, consciente du fait qu'il représentait une garantie ecclésiale, puisqu'il constituait la cellule de vie du Peuple de Dieu. L'appui que le mariage trouvait dans les communautés chrétiennes, au moins dans celles évangélisées en profondeur, était ferme, unitaire, compact. Séparations, échecs du mariage étaient en général rares, et le divorce était considéré comme une 'plaie' sociale (cf. Gaudium et spes 47). Aujourd'hui, au contraire, dans des cas qui sont loin d'être l'exception, on assiste à une détérioration accentuée de la famille et à une certaine corrosion des valeurs du mariage. Dans nombre de pays, et plus particulièrement dans les pays économiquement développés, le taux des mariages a diminué. On se marie plus tard, et le nombre des divorces et des séparations augmente, même dès les premières années de la vie conjugale. Tout cela porte inévitablement à une inquiétude pastorale, et à la question mille fois répétée: les personnes qui se marient y sont-elles réellement préparées? Le problème de la préparation au sacrement du mariage et à la vie conjugale qui en découle se présente comme une grande nécessité pastorale, avant tout, certes, pour le bien des époux, mais aussi pour le bien de la communauté chrétienne toute entière et pour celui de la société. C'est pourquoi l'intérêt porté à la question s'accroît de toutes parts et les initiatives se multiplient pour fournir des réponses appropriées et opportunes à question de la préparation au sacrement de mariage[98]».

(44) De nos jours, le problème ne consiste plus tant, comme à d'autres époques, dans le fait que les jeunes arrivent au mariage en n'étant pas suffisamment préparés. Sous l'influence d'une vision anthropologique pessimiste, déstructurante, qui dissout la subjectivité, beaucoup d'entre eux doutent même qu'il puisse exister dans le mariage un don réel qui crée un lien fidèle, fécond et indissoluble. Cette vision peut aller jusqu'au refus de l'institution matrimoniale, considérée comme une réalité illusoire à laquelle ne pourraient accéder que des personnes ayant une préparation très spéciale. D'où l'importance de l'éducation chrétienne à une notion juste et réaliste de la liberté par rapport au mariage, comme capacité de découvrir le bien du don conjugal et de s'orienter vers lui. 

La catéchèse familiale 

(45) Dans ce but, l'action de prévention par la catéchèse familiale est importante. De même, le témoignage des familles chrétiennes est irremplaçable, tant vis-à-vis de leurs propres enfants qu'au sein de la société où elles vivent. Les pasteurs ne doivent pas être les seuls à défendre la famille: les familles elles-mêmes doivent exiger le respect de leurs droits et de leur identité. Aujourd'hui, les catéchèses familiales occupent une place de premier plan dans la pastorale familiale. On y aborde les réalités familiales de manière globale, complète et systématique, en les soumettant au critère de la foi, à la lumière de la Parole de Dieu interprétée ecclésialement dans la fidélité au Magistère de l'Église. Ce processus catéchistique est accompli par des pasteurs légiarial,helvetica,sans-serif et compétents qui aident vraiment à approfondir la vérité salvifique sur l'homme. Il faut s'efforcer de montrer la rationalité et la crédibilité de l'Évangile par rapport au mariage et à la famille, en réorganisant le système éducatif de l'Église[99]. L'explication du mariage et de la famille à partir d'une vision anthropologique correcte ne laisse pas de susciter la surprise, même chez les chrétiens, qui découvrent que ce n'est pas seulement une question de foi. Ils y trouvent les raisons pour s'affermir dans leur foi et pour agir, en proposant un témoignage personnel de vie et en accomplissant une mission apostolique spécifiquement laïque. 

Les moyens de communication 

(46) De nos jours, la crise des valeurs familiales et de la notion de famille dans l'organisation des États et dans les moyens de transmission de la culture &endash; presse, télévision, internet, cinéma, etc. &endash; demandent un effort renouvelé pour assurer la présence des valeurs familiales dans les moyens de communication. Que l'on considère, par exemple, la forte influence qu'ont eu les médias dans la perte de sensibilité sociale vis-à-vis de situations comme l'adultère, le divorce ou même les unions de fait, ou encore la déformation pernicieuse des «valeurs» (ou mieux des «contre-valeurs») qu'ils en viennent parfois même à présenter comme des propositions normales de vie. Il faut aussi tenir compte du fait que, en certaines occasions et malgré la contribution méritoire des chrétiens engagés qui collaborent à ces moyens de communication, certains programmes et feuilletons télévisés, par exemple, non seulement ne contribuent pas à la formation religieuse, mais favorisent la désinformation et la diffusion de l'ignorance religieuse. Même si ces facteurs ne sont pas des éléments fondamentaux de la conformation d'une culture, leur influence n'est pas négligeable, et ils doivent être inclus parmi les facteurs sociologiques dont il faut tenir compte dans une pastorale fondée sur des critères réalistes. 

L'engagement social [Retour haut de page]

(47) Pour beaucoup de nos contemporains, dont la subjectivité a été en quelque sorte «démolie» par les idéologies, le mariage est presque impensable; la réalité conjugale n'a aucune signification pour ces personnes. Comment la pastorale de l'Église peut-elle devenir, pour elles aussi, un évènement de salut? Dans ce domaine, l'engagement politique et législatif des catholiques qui ont des responsabilités dans ces milieux est décisif. Les législations représentent et déterminent, dans une large mesure, l'ethos d'un peuple. À ce propos, il est particulièrement important d'appeler à surmonter la tentation de l'indifférence dans les milieux politiques et législatifs, en insistant sur la nécessité de rendre témoignage publiquement de la dignité de la personne. L'assimilation des unions de fait à la famille implique, on l'a vu, une altération de l'ordre orienté vers le bien commun de la société, et entraîne une dévaluation de l'institution matrimoniale fondée sur le mariage. Elle constitue donc un mal pour les personnes, les familles et la société. Le «politiquement possible» et son évolution dans le temps ne peuvent faire abstraction des principes fondamentaux de la vérité sur la personne humaine, qui doivent inspirer les attitudes, les initiatives concrètes et les programmes pour l'avenir[100]. Il serait également utile de remettre en discussion le «dogme» du lien indissociable entre démocratie et relativisme éthique, sur lequel se fondent un grand nombre d'initiatives législatives visant à assimiler les unions de fait à la famille.

(48) Le problème des unions de fait est un grand défi pour les chrétiens, qui doivent être capables de montrer l'aspect rationnel de la foi, la rationalité profonde de l'Évangile du mariage et de la famille. Toute annonce de cet Évangile qui ne serait pas en mesure de répondre à ce défi à la rationalité (entendue comme correspondance étroite entre desiderium naturale de l'homme et Évangile annoncé par l'Église) serait inefficace. C'est pourquoi il est nécessaire, aujourd'hui plus que jamais, de montrer la crédibilité interne de la vérité sur l'homme qui est à la base de l'institution de l'amour conjugal. À la différence des autres sacrements, le mariage appartient aussi à l'économie de la Création, en s'inscrivant dans une dynamique naturelle pour le genre humain. En second lieu, il est nécessaire d'entreprendre un effort de réflexion sur les bases fondamentales, les principes essentiels qui inspirent les activités éducatives dans les divers milieux et institutions. Quelle est la philosophie des institutions éducatives aujourd'hui dans l'Église, et comment traduire ces principes en une éducation appropriée au mariage et à la famille, comme noyaux fondamentaux et nécessaires à la société? 

Attention et approche pastorales [Retour haut de page]

(49) Une attitude compréhensive à l'égard de la problématique existentielle et des choix des personnes qui vivent une union de fait est légitime, et dans certaines circonstances, c'est un devoir. Quelques-unes de ces situations doivent même susciter la compassion. Le respect de la dignité des personnes n'est pas mis en discussion. Toutefois, la compréhension face aux circonstances et le respect des personnes ne saurait constituer une justification. En de telles circonstances, il convient plutôt de souligner que la vérité est pour elles un bien essentiel et un facteur d'authentique liberté. L'affirmation de la vérité ne constitue pas une offense, mais est au contraire une forme de charité. «Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ» est «une forme éminente de charité envers les âmes»[101], à condition qu'elle soit accompagnée «de la patience et de la bonté dont le Seigneur lui-même a donné l'exemple en traitant avec les hommes[102]». Aussi les chrétiens doivent-ils chercher à comprendre les causes individuelles, sociales, culturelles et idéologiques de la diffusion des unions de fait. Il faut rappeler qu'une pastorale intelligente et discrète peut, dans certains cas, contribuer à la réhabilitation «institutionnelle» de ces unions. Les personnes qui se trouvent dans cette situation doivent être prises en considération, cas par cas et de manière prudente, dans le cadre de la pastorale ordinaire de la communauté ecclésiale, au moyen d'une attention à leurs problèmes et aux difficultés qui en dérivent, d'un dialogue patient et d'une aide concrète, spécialement vis-à-vis des enfants. Dans cet aspect de la pastorale également, la prévention est une attitude prioritaire.

 

Conclusion 

(50) Tout au long des siècles, la sagesse des nations a reconnu substantiellement, malgré quelques limitations ici et là, l'existence et la mission fondamentale et irremplaçable de la famille fondée sur le mariage. La famille est un bien nécessaire et irremplaçable pour toute la société. Elle doit en justice être reconnue, protégée et promue par l'ensemble de la société. Car c'est toute la société qui subit un préjudice lorsqu'on porte atteinte, d'une façon ou d'une autre, à ce bien précieux et nécessaire pour l'humanité. La société ne peut rester indifférente devant le phénomène social des unions de fait et le déclassement de l'amour conjugal qu'il implique. La suppression pure et simple du problème au moyen de la fausse solution de la reconnaissance des unions de fait, qui les met publiquement sur un pied d'égalité avec les familles fondées sur le mariage, ou même qui les assimile à elles, ne constitue pas seulement un préjudice comparatif pour le mariage (en portant atteinte, qui plus est, à la famille, cette institution naturelle nécessaire qui aurait tant besoin aujourd'hui, au contraire, de politiques familiales véritables). Elle dénote également une profonde méconnaissance de la vérité anthropologique de l'amour humain entre l'homme et la femme et de l'aspect qui lui est indissociablement lié, celui d'être une unité stable et ouverte à la vie. Cette méconnaissance devient encore plus grave quand on ignore la différence essentielle et très profonde qui existe entre l'amour conjugal découlant de l'institution matrimoniale et les relations homosexuelles. L'«indifférence» des administrations publiques sur ce point ressemble beaucoup à de l'apathie devant la vie ou la mort de la société, devant sa projection dans l'avenir ou sa détérioration. En l'absence de mesures opportunes, cette «neutralité» risque de déboucher sur une grave détérioration du tissu social et de la pédagogie des générations à venir.

La valorisation insuffisante de l'amour conjugal et de son ouverture intrinsèque à la vie, avec l'instabilité qui en découle dans la vie familiale, est un phénomène social qui demande un discernement approprié de la part de tous ceux qui se sentent concernés par le bien de la famille, et en particulier des chrétiens. Il s'agit avant tout de reconnaître les véritables causes (idéologiques et économiques) d'un tel état de choses, et de ne pas céder aux revendications démagogiques de groupes de pression qui ne tiennent pas compte du bien commun de la société. L'Église Catholique, à la suite de Jésus-Christ, reconnaît dans la famille et dans l'amour conjugal un don de communion du Dieu de Miséricorde avec l'humanité, un trésor précieux de sainteté et de grâce qui resplendit au milieu du monde. C'est pourquoi elle invite tous ceux qui luttent pour la cause de l'homme à unir leurs efforts en vue de la promotion de la famille et de son intime source de vie qu'est l'union conjugale.   

 

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[1] Concile Vatican II, Const. Gaudium et spes, n. 47.

[2] Concilie Vatican II, Const. Lumen gentium n. 11, Décr. Apostolicam auctositatem, n. 11.

[3] Catéchisme de l'Église Catholique, n. 2331-2400, 2514-2533; Conseil Pontifical pour la Famille, Sexualité humaine: vérité et signification, 8.12.1995.

[4] Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 80.

[5] Dans ces régions, l'action humanisatrice et pastorale de l'Église, dans son choix préférentiel pour les pauvres, s'est orientée généralement vers la «régularisation» de ces unions par la célébration du mariage (ou par la validation ou la régularisation, selon les cas), conformément à l'attitude ecclésiale d'engagement en faveur de la sanctification des foyers chrétiens.

[6] Diverses théories constructionistes soutiennent aujourd'hui des conceptions différentes sur la façon dont la société tendrait &endash; c'est du moins ce qu'elles soutiennent &endash; à évoluer en s'adaptant aux différents «genres» (par exemple dans l'éducation, la santé, etc.). Certains estiment qu'il existe trois genres, d'autres cinq, d'autres sept, d'autres enfin un nombre qui peut varier en fonction de plusieurs considérations.

[7] Tant le marxisme que le structuralisme ont contribué, dans des mesures diverses, à la consolidation de l'idéologie de «genre». Celle-ci a été influencée notamment par les postulats sur la «révolution sexuelle» de W. Reich (1897-1957), qui appelle à la «libération» de toute discipline sexuelle, ou par ceux d'Herbert Marcuse (1898-1979), qui invite à expérimenter toutes sortes de situations sexuelles (envisagées à partir d'un polymorphisme sexuel d'orientation indifféremment «hétérosexuelle» &endash; c'est-à-dire l'orientation sexuelle naturelle &endash; ou homosexuelle, détaché de la famille et de tout finalisme naturel de différenciation entre les sexes ainsi que de toute entrave dérivant de la responsabilité procréatrice). Un certain féminisme radicalisé et extrémiste, représenté notamment par Margaret Sanger (1879-1966) et Simone de Beauvoir (1908-1986), ne peut être situé en marge de ce processus historique de consolidation d'une idéologie. Pour ces auteurs, l'«hétérosexualité» et la monogamie ne seraient que des pratiques sexuelles parmi d'autres.

[8] Une telle attitude a, hélas, rencontré un accueil favorable auprès de plusieurs importantes institutions internationales, et s'est traduite par une détérioration du concept même de famille, dont le fondement est nécessairement le mariage. Parmi ces institutions, certains organismes de l'Organisation des Nations Unies semblent avoir adhéré dernièrement à quelques-unes de ces théories, en ignorant de ce fait la véritable signification de l'article 16 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948, qui qualifie la famille d'«élément naturel et fondamental de la société». Cf. Conseil Pontifical pour la Famille, Famille et Droits humains, 1999, n. 16.

[9] Aristote, Politique I, 9-10 (Bk 1253a).

[10] Catéchisme de l'Église Catholique, n. 2207.

[11] Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 18.

[12] Jean-Paul II, Allocution à l'Audience générale du 1-12-1999.

[13] Concile vatican II, Const. Gaudium et spes, n. 47.

[14] «...indépendamment des courants de pensée, il existe un ensemble de notions où l'on peut reconnaître une sorte de patrimoine spirituel de l'humanité. C'est comme si nous nous trouvions devant une philosophie implicite qui fait que chacun se sent possesseur de ces principes, fût-ce de façon générale et non réfléchie. Ces notions, précisément parce qu'elles sont partagées dans une certaine mesure par tous, devraient constituer des références pour les diverses écoles philosophiques. Quand la raison réussit à saisir et à formuler les principes premiers et universels de l'être et à faire correctement découler d'eux des conclusions cohérentes, d'ordre logique et moral, on peut alors parler d'une raison droite ou, comme l'appelaient les Anciens, de orthos logos, recta ratio». Jean-Paul II, Enc. Fides et ratio, n. 4.

[15] Concile Vatican II, Const. Dei Verbum, n. 10.

[16] «Le rapport entre la foi et la philosophie trouve dans la prédication du Christ crucifié et ressuscité l'écueil contre lequel il peut faire naufrage, mais au-delà duquel il peut se jeter dans l'océan infini de la vérité. Ici se manifeste avec évidence la frontière entre la raison et la foi, mais on voit bien aussi l'espace dans lequel les deux peuvent se rencontrer». Jean-Paul II, Enc. Fides et ratio, n. 23. «L'Évangile de la vie n'est pas exclusivement réservé aux croyants: il est pour tous. La question de la vie, de sa défense et de sa promotion, n'est pas la prérogative des seuls chrétiensÉ». Jean-Paul II, Enc. Evangelium vitae, n. 101.

[17] Jean-Paul II, Allocution au Forum des Associations catholiques d'Italie, 27-6-1998.

[18] Conseil Pontifical pour la Famille, Déclaration à propos de la Résolution du Parlement européen mettant les 'couples de fait', liaisons homosexuelles inclues, sur un pied d'égalité avec la famille, 17-3-2000

[19] Saint Augustin, De libero arbitrio, I, 5, 11

[20] «La vie sociale et son appareil juridique requièrent un fondement ultime. S'il n'existait aucune autre loi au-delà de la loi civile, nous devrions admettre que n'importe quelle valeur, même celles pour lesquelles les hommes ont lutté et qui étaient considérées comme des étapes cruciales dans la lente marche vers la liberté, peuvent être annulées par une simple majorité de voix. Ceux qui critiquent la loi naturelle doivent fermer les yeux devant cette possibilité. Et lorsqu'ils promeuvent des lois contraires au bien commun et à ses exigences fondamentales, il doivent tenir compte de toutes les conséquences de leurs actes, car ils risquent de pousser la société dans une direction dangereuse». Discours du Card. A. Sodano à la IIe Rencontre des Hommes politiques et Législateurs d'Europe, organisée par le Conseil Pontifical pour la Famille, 22-24 octobre 1998.

[21] En Europe, par exemple, dans la Constitution d'Allemagne: «Le mariage et la famille ont droit à une protection spéciale dans l'organisation de l'État» (art. 6); en Espagne: «Les pouvoirs public assurent la protection sociale, économique et juridique de la famille» (art. 39); en Irlande: «L'État reconnaît la famille comme le groupe naturel primordial et fondamental de la société et comme une institution morale dotée de droits inaliénables et imprescriptibles antérieurs à tout droit positif. En conséquence, l'État s'engage à protéger la constitution et l'autorité de la famille, fondement nécessaire de l'ordre social et élément indispensable au bien-être de la Nation et de l'État» (art. 41); en Italie: «La République reconnaît les droits de la famille, en tant que société naturelle fondée sur le mariage» (art. 29); en Pologne: «Le mariage, c'est-à-dire l'union d'un homme et d'une femme, ainsi que la famille, la paternité et la maternité, doivent bénéficier d'une protection et de soins dans la République de Pologne» (art. 18); au Portugal: «La famille comme élément fondamental de la société, a droit à la protection de la société et de l'État et à la mise en place de toutes les conditions qui permettent la réalisation personnelle de ses membres» (art. 67).

De même dans les Constitutions du reste du monde: en Argentine «...la loi établiraÉ la protection intégrale de la famille» (art. 14); au Brésil: «La famille, base de la société, fait l'objet d'une protection spéciale de la part de l'État» (art. 226); au Chili: «...La famille est le noyau fondamental de la sociétéÉ Il est du devoir de l'ÉtatÉ d'assurer la protection de la population et de la famille...» (art. 1); en République Populaire de Chine: «L'État protège le mariage, la famille, la maternité et l'enfance» (art. 49); en Colombie: «L'État reconnaît, sans aucune discrimination, la primauté des droits inaliénables de la personne et protège la famille comme institution de base de la société» (art. 5); en Corée du Sud: «Le mariage et la vie familiale se fondent sur la dignité individuelle et sur l'égalité entre les sexes; l'État mettra en Ïuvre tous les moyens dont il dispose pour parvenir à cette fin» (art. 36); aux Philippines: «L'État reconnaît la famille philippine comme le fondement de la Nation. En conséquence, la solidarité sera intensément favorisée, en vue de sa promotion active et de son développement total. Le mariage est une institution sociale inviolable, il est le fondement de la famille et doit être protégé par l'État» (art. 15); au Mexique: «...la loi protègera l'organisation et le développement de la famille» (art. 4); au Pérou: «La communauté et l'ÉtatÉ protègent aussi la famille et promeuvent le mariage, les reconnaissant comme des institutions naturelles et fondamentales de la société» (art. 4); au Rwanda: «La famille, en tant que fondement naturel du peuple rwandais, sera protégée par l'État» (art. 24).

[22] «Toute loi faite par les hommes a valeur de loi pour autant qu'elle découle de la loi naturelle. Inversement, tout ce qui s'oppose à la loi naturelle n'est pas une loi, mais une altération de la loi». Saint Tomas d'Aquin, Somme théologique, I-II, q. 95, a. 2.

[23] Jean-Paul II, Discours au IIe Congrès des Responsables politiques et législateurs d'Europe, organisé par le Conseil Pontifical pour la Famille, 23-10-1998.

[24] Jean-Paul II, Enc. Centessimus annus, n. 46.

[25] «En tant que responsables politiques et législateurs qui entendent être fidèles à la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948, nous nous engageons à promouvoir et à défendre les droits de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme. Et cela à tous les niveaux: local, régional, national et international. Ainsi seulement, nous pourrons nous mettre véritablement au service du bien commun, tant au niveau national qu'international». Conclusions du IIº Congrès des Responsables politiques et Législateurs d'Europe sur les droits de l'homme et de la famille, L'Osservatore Romano, 26-2-1999.

[26] «La famille est le noyau central de la société civile. Elle a évidemment un rôle important dans l'économie qui ne peut être négligé, étant le principal capital humain, mais elle remplit aussi d'autres fonctions. Elle est, avant tout, une communauté naturelle de vie, une communauté fondée sur le mariage, qui présente de ce fait une cohésion dépassant celle de toute autre communauté sociale». Déclaration finale du IIIº Congrès des Responsables politiques et Législateurs d'Amérique, Buenos Aires, 3-5 août 1999.

[27] Cf. Charte des Droits de la Famille, Préambule.

[28] Jean-Paul II, Lettre Gratissimam sane (Lettre aux Familles), n. 6.

[29] Cfr. Catéchisme de l'Église Catholique, n. 2333; Jean-Paul II, Lettre Gratissimam sane (Lettre aux familles), n. 8.

[30] Concile Vatican II, Const. Gaudium et spes, n. 49.

[31] Cf. Catéchisme de l'Église Catholique, n. 2332; Jean-Paul II, Discours au Tribunal de la Rote romaine, 21.1.1999.

[32] Jean-Paul II, Lettre Gratissimam sane (Lettre aux Familles), n. 7-8.

[33] Jean-Paul II, Discours au Tribunal de la Rote Romaine, 21.1.1999.

[34] Ibid.

[35] Ibid.

[36] Ibid.

[37] «Le mariage fixe le cadre juridique qui favorise la stabilité de la famille. Il permet le renouvellement des générations. Il n'est pas un simple contrat ou une affaire privée, mais constitue l'une des structures fondamentales de la société, dont il maintient la cohérence». Déclaration du Conseil permanent de la Conférence des Évêques de France, à propos de la proposition de loi de «Pacte civil de solidarité», 17-9-1998.

[38] Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 19.

[39] Ibid., infra.

[40] «Il n'y a pas d'équivalence entre la relation de deux personnes du même sexe et celle formée par un homme et une femme. Seule cette dernière peut être qualifiée de couple, car elle implique la différence sexuelle, la dimension conjugale, la capacité d'exercer la paternité et la maternité. L'homosexualité ne peut pas, à l'évidence, représenter cet ensemble symbolique». Déclaration du Conseil permanent de la Conférence des Évêques de France, à propos de la proposition de loi de «Pacte civil de solidarité», 17-9-1998.

[41] À propos du grave désordre moral intrinsèque, contraire à la loi naturelle, des actes homosexuels, cf. Catéchisme de l'Église Catholique, n. 2357-2359; Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Inst. Persona humana, 29-12-1975; Conseil Pontifical pour la Famille, Sexualité humaine: vérité et signification, 8-12-1995, n. 104.

[42] Jean-Paul II, Discours aux participants à la XIVe Assemblée plénière du Conseil Pontifical pour la Famille. Cf. Jean-Paul II, paroles prononcées à l'Angélus du 19-6-1994.

[43] Conseil Pontifical pour la Famille, Déclaration à propos de la Résolution du Parlement européen mettant les 'couples de fait', unions homosexuelles incluses, sur un pied d'égalité avec la famille, 17-3-2000.

[44] «On ne peut ignorer que, comme le reconnaissent certains de ses promoteurs, cette proposition de loi constitue un premier pas, par exemple, vers l'adoption d'enfants par des couples d'homosexuels. Nous avons peur pour l'avenir, tout en déplorant ce qui s'est passé». Déclaration du Président de la Conférence des Évêques de France, après la promulgation du «Pacte civil de solidarité», 13-10-1999.

[45] Jean-Paul II, paroles prononcées à l'Angélus du 20-2-1994.

[46] Cf. Note de la Commission permanente de la Conférence Épiscopale espagnole (24-6-1994), à l'occasion de la Résolution du 8 février 1994 du Parlement Européen sur l'égalité des droits des homosexuels et homosexuelles.

[47] Jean-Paul II, Lettre Gratissimam sane (Lettre aux Familles), n. 11

[48] Ibid., n. 14

[49] Ibid., n. 17 in fine.

[50] Charte des Droits de la Famille, Préambule, D.

[51] Ibid., Préambule (passim) et art. 6.

[52] Ibid., Préambule, B et I.

[53] Ibid., Préambule, C et G.

[54] Jean-Paul II, Lettre Gratissimam sane (Lettre aux Familles), n. 9-11.

[55] Jean-Paul II, Allocution du 26-12-1999.

[56] Cf. Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 21; cf. Jean-Paul II, Lettre Gratissimam sane (Lettre aux Familles), n. 13-15.

[57] Charte des Droits de la Famille, Préambule, F; cf. Jean-paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 21.

[58] Jean-Paul II, Enc. Evangelium Vitae, n. 91 et 94.

[59] Charte des Droits de la Famille, Préambule, E.

[60] Jean-Paul II, Enc. Evangelium Vitae, n. 92.

[61] Charte des Droits de la Famille, Préambule, H-I.

[62] Cf. Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 23-24.

[63] Cf. Ibid., n. 25.

[64] Cf. Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 28-35; Charte des Droits de la Famille, art. 3.

[65] Cf. Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 20; Charte des Droits de la Famille, art. 6.

[66] Charte des Droits de la Famille, art. 2, b et c; art. 7.

[67] Cf. Jean-paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 36-41; Charte des Droits de la Famille, art. 5; Lettre Gratissimam sane (Lettre aux Familles), n. 16.

[68] Cf. Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 42-48; Charte des Droits de la Famille, art. 8-12.

[69] Charte des Droits de la Famille, art. 1, c.

[70] Jean-Paul II, Enc. Veritatis splendor, n. 4.

[71] Jean-Paul II, Enc. Evangelium Vitae, n. 20; cf. ibid., n. 19.

[72] Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 6; cf. Jean-Paul II, Lettre Gratissimam sane (Lettre aux familles), n. 13.

[73] Concile de Trente,. VIIe et XXIVe Sessions.

[74] Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 68.

[75] Code de Droit Canonique, c. 1055 § 1; Catéchisme de l'Église Catholique, n. 1601.

[76] Cf. Concile Vatican II, Const. Gaudium et spes, n. 48-49.

[77] Jean-Paul II, Discours à la Rote Romaine, 21-1-2000.

[78] Concile Vatican II, Const. Gaudium et spes, n. 48.

[79] Ibid.

[80] Cf. Code de Droit Canonique et Code des Canons des Églises orientales, respectivement de 1983 et 1990.

[81] Concile Vatican II, Const. Past. Gaudium et spes, n. 49.

[82] Cf. Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 68.

[83] Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 81.

[84] Jean-Paul II, Enc. Veritatis splendor, n. 93.

[85] Jean-Paul II, Allocution à l'Audience générale du 5-9-1979. Avec cette allocution débute le cycle de catéchèse connu sous le nom de «Catéchèse sur l'amour humain».

[86] «Le Christ n'accepte pas d'entrer dans le débat au niveau auquel ses interlocuteurs voudraient l'introduire. En un sens, il n'approuve pas leur façon de situer le problème. Tout en évitant de se laisser impliquer dans des controverses juridiques ou casuistiques, il se réfère, à deux reprises, au 'principe'». Jean-Paul II, Allocution à l'Audience générale du 5-9-1979.

[87] «On ne peut nier que l'homme se situe toujours dans une culture particulière, mais on ne peut nier non plus que l'homme ne se définit pas tout entier par cette culture. Du reste, le progrès même des cultures montre qu'il existe en l'homme quelque chose qui transcende les cultures. Ce 'quelque chose' est précisément la nature de l'homme : cette nature est la mesure de la culture et la condition pour que l'homme ne soit prisonnier d'aucune de ses cultures, mais pour qu'il affirme sa dignité personnelle dans une vie conforme à la vérité profonde de son être». Jean-paul II, Enc. Veritatis splendor, n. 53.

[88] La loi naturelle «n'est rien d'autre que la lumière de l'intelligence infusée en nous par Dieu. Grâce à elle, nous connaissons ce qu'il faut faire et ce qu'il faut éviter. Dieu a donné cette lumière et cette loi dans la Création». Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologiae, I-II q. 93, a. 3, ad 2um. Cf. Jean-Paul II, Enc. Veritatis splendor, n. 35-53.

[89] Jean-Paul II, Enc. Veritatis splendor, n. 62-64

[90] Par la grâce matrimoniale, les conjoints «s'aident mutuellement à se sanctifier dans la vie conjugale, dans l'accueil et l'éducation des enfants». Concilie Vatican II, Const. Lumen gentium. n. 11. Cf. Catéchisme de l'Église Catholique, n. 1641-1642.

[91] Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 81.

[92] Ibid. infra.

[93] Cf. plus haut, n. 4-8.

[94] Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 81..

[95] Jean-Paul II, Lettre Ap. Gratissimam sane (Lettre aux Familles), n. 20.

[96] Jean-Paul II, Ex. Ap. Familiaris consortio, n. 55.

[97] Cf. Jean-paul II, Ex. Ap. Familiartis consortio, n. 66.

[98] Conseil Pontifical pour la Famille, Préparation au sacrement du mariage, n. 1.

[99] Jean-Paul II, Enc. Fides et ratio, n. 97.

[100] Jean-paul II, Enc. Evangelium vitae, n. 73.

[101] Paul VI, Enc. Humanae vitae, n. 29.

[102] Ibid.

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