Notre première maison c est notre corps fabriqué dans le corps de notre mère.
Notre maison est une part de nous-même et ce n'est pas un hasard de l'appeler notre intérieur. Le sentiment d'être chez soi peut nous ramener à notre habitacle originel, le ventre maternel.
Toujours manquante, la maison de notre enfance évoquée le plus souvent avec nostalgie et tendresse.
Chaque couple doit poser les pierres de sa propre maison.
Lors du choix d'une maison, le couple peut être confronté à des conflits jusqu'à alors larvés. Chez nous ne rime pas forcément avec harmonie, tranquillité. Les disputes et les réconciliations nous rappellent que ce qui fonde un couple n'est jamais du côté de l'immobilité mais du mouvement, de la remise en cause, de l'évolution, de la vie. L'articulation entre le chez soi et le chez nous s'opère mieux si les passés de l'homme et de la femme se font discrets.
Une maison ne se pense pas une fois pour toutes, elle est en évolution constante, en modification, à l'image même des relations à l'intérieur du couple.
La construction d'une famille est la rencontre de deux êtres étrangers. Ils vont crée, une maison, créer une identité à leur nouvelle famille. L'arrivée des enfants s'accompagne souvent d'un réaménagement de la maison comparable à l'aménagement psychique interne qui s'accomplit chez les parents.
Le lieu et l'espace vont évoluer au fur et à mesure des étapes de la vie du couple, de l'agrandissement de la famille puis plus tard de son rétrécissement.
La maison est l'image extérieure de ce qui se passe à l'intérieur de chacun. Elle est une sorte de miroir qui nous renvoie une certaine image de nous.
Nous habitons notre corps comme notre maison avec plus ou moins de bonheur.
Des personnes vivent sans domicile, des familles habitent des immeubles vétustes et insalubres.
Comment, au nom du respect, de la dignité, répondre à l'urgence du logement des personnes mal-logées ou même sans logement ?
Catherine de Darassus