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Ici, on peut comprendre la profondeur de l'appel à la tendresse de la personne dans la relation amoureuse, appel qui s'exprime dans ses refus, dans sa pudeur devant le regard trouble posé sur elle, dans sa révolte ou sa haine lorsqu'elle se sent asservie. Dans l'attirance sexuelle proprement dite, note Jean Vanier, sous-jacente à la pulsion sexuelle, il y a ce cri du corps qui veut être aimé, touché avec tendresse par un autre
Ce cri du corps est un cri de la personne: alors que le regard de convoitise s'arrête sur le corps et, ce faisant, chosifie l'être et le blesse profondément, le regard de tendresse s'adresse à la personne tout entière, reconnaît sa beauté propre et la lui révèle.
Ce n'est pas un regard intéressé, et donc suspect, mais un regard amoureux, émerveillé, sous lequel l'être aimé se sent reconnu. Loin d'être seulement la spontanéité des débuts de l'amour, ou la gratitude sexuelle pour le plaisir reçu, la tendresse, qui jaillit de l'affectivité, est aussi une authentique attitude personnelle. Elle est une réponse active à la valeur de l'autre, et suppose, en tant que telle, une certaine fermeté: celle que donne la maîtrise de soi, ce dépassement de soi vécu par amour de l'autre. Maîtrise de soi de l'homme pour être à l'écoute des attentes de sa femme, maîtrise de soi de la femme pour quitter sa passivité, accepter de se dire et de montrer tendresse et amour à son mari: la tendresse ainsi comprise permet de vivre la relation sexuelle comme une véritable relation interpersonnelle.
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